La mort de Didon

Les Beaux-arts/Tableaux

Musée des Beaux-Arts de Dole

Simon Vouet
Paris, 1590 – Paris, 1649
La mort de Didon, vers 1642

Huile sur toile

Pièce majeure du musée, La Mort de Didon, infortunée reine de Carthage, dans sa grandiose beauté, s’impose parmi les compositions profanes les plus accomplies de Vouet et comme un chef-d’œuvre digne des plus grands musées. Le tableau, qui célèbre sur un mode triomphal le rite funèbre de Didon, amante brisée par l’abandon d’Énée, offre une magistrale méditation sur la mort ; en résonance chez Vouet avec le souvenir de Virginia, sa défunte épouse et mère de ses cinq enfants.

Le pinceau de Vouet se fait l’interprète très fidèle de Virgile dans le chant IV de l’Énéide, qui connut une belle fortune en ce XVIIe siècle soucieux d’exalter les fortes figures de la passion. Au lyrisme pénétrant du poète fait écho celui du peintre, puissant et sensuel. Par lui est orchestrée toute la composition, élan baroque où se déploient les séductions du style décoratif de Vouet : ample élégance des formes, modelé exquis des chairs nacrées, grâce voluptueuse des visages féminins si caractéristiques. Et avec sa facture brillante, la manière claire de Vouet où resplendissent les jaunes, bleus et mauves. Ainsi l’œuvre appartient-elle à la florissante période française de Vouet (1628-1649), devenu Premier peintre de Louis XIII et réorganisateur de la vie artistique dans la capitale du royaume, bientôt l’une des premières d’Europe.

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