Né le 18 février 1874 à Gray
Musicologue, écrivain et sinologue
Louis Laloy est une figure majeure de la musicologie française du XXe siècle. Polyglotte (français, anglais, allemand, italien, latin, russe, grec, chinois), il obtient un doctorat ès lettres en 1904 avec une thèse sur la musique de l’Antiquité.
Fils d’un contrôleur des finances, il grandit à Gray (Haute-Saône). Élève exceptionnel, il intègre l’École normale supérieure en 1893, obtient l’agrégation de lettres, puis soutient en 1904 un doctorat ès lettres sur Aristoxène de Tarente et la musique de l’Antiquité. Polyglotte, il apprend le chinois, passion qui traversera toute sa vie.
En 1905, Laloy cofonde le Mercure musical, revue de référence de la critique française. Il enseigne l’histoire de la musique à la Sorbonne, puis au Conservatoire national (1936–1941), et occupe le poste de secrétaire général de l’Opéra de Paris. Son amitié profonde avec Claude Debussy le place au premier rang de la scène musicale : il est l’un de ses tout premiers défenseurs et lui consacre une biographie pionnière dès 1909. Il fréquente aussi Ravel, Stravinski et les Ballets russes de Diaghilev.
Laloy publie La Musique chinoise (1910), traduit des poèmes et pièces de théâtre classiques, et enseigne l’esthétique à l’Institut des hautes études chinoises. Il joue un rôle décisif dans la découverte de l’art chinois par les compositeurs français de son temps.
Réfugié dans le Jura pendant la Seconde Guerre mondiale, Laloy s’éteint le 4 mars 1944 à Dole. Jusqu’à ses derniers jours, il écrit et traduit : ses Poésies chinoises et une nouvelle édition de sa monographie sur Debussy paraissent l’année même de sa mort.


