Né le 4 octobre 1774 à Vaux-sur-Poligny
Maître de forge
Pierre-Hyacinthe Cazeaux est issu d’un milieu modeste, son père étant laboureur. Il laisse derrière lui un héritage industriel marquant. Bien que son lieu de sépulture reste inconnu, son empreinte sur l’industrie jurassienne est indélébile.
À une époque où le Haut-Jura est déjà un foyer de l’horlogerie et du travail des métaux, Pierre-Hyacinthe Cazeaux se distingue par son esprit entrepreneurial. En 1776, il devient négociant cloutier à Morbier, avant d’installer une clouterie à Prémanon en 1778. C’est dans cet atelier, situé au hameau des Rivières, qu’il innove en produisant des « pointes de Paris » et conçoit les premières lunettes moréziennes, commercialisées en France et en Suisse.
Son invention du « clou en fil de fer à froid » en 1777 révolutionne la clouterie, éliminant les pertes de matière contrairement aux méthodes traditionnelles. Cette innovation, couplée à sa production de lunettes à montures fines, inspire de nombreux artisans locaux. Parmi eux, Pierre-Hyacinthe Lamy, son filleul et apprenti, qui perpétue son héritage en développant la lunetterie.
Malgré son succès initial, Pierre-Hyacinthe Cazeaux diversifie ses activités. En 1807, il abandonne la clouterie pour se lancer dans le négoce, puis ouvre une tuilerie. Cependant, il meurt ruiné, illustrant les aléas de l’entrepreneuriat. Son influence persiste, comme en témoigne la présence de sa clouterie et de sa tuilerie sur le plan cadastral napoléonien de 1822.
Pierre-Hyacinthe Cazeaux incarne l’audace et l’innovation, des qualités qui ont marqué l’industrie jurassienne. Son histoire, bien que méconnue, mérite d’être célébrée comme celle d’un pionnier dont les contributions ont transcendé son époque.


